"Et sinon tu cherches quand un vrai job ?"

Les dessous de l'aventure Vocation

Edition Hors Série de la Newsletter - Les dessous de l’aventure de Vocation

Je me présente : je m’appelle Jasmine, j’ai 24 ans. J’ai fait une classe préparatoire puis j’ai intégré HEC. J’ai diplômé l’été dernier. J’ai rencontré Carla pendant ma dernière année, dans le master Entrepreneurs, et on a eu un vrai coup de foudre professionnel. C’était le début d’une grande aventure.

Juste avant le premier confinement, on a lancé ensemble Vocation, le podcast pour trouver sa voie. Travailler sur Vocation nous a tellement plu qu’on a décidé de continuer à plein temps à la fin de nos études. Surtout, dans un contexte de crise, ce projet avait du sens et nous motivait - d’autant plus qu’il nous concernait directement.

Aujourd’hui, cela fait plus d’un an que nous avons créé Vocation et plus de 9 mois que nous sommes dans la vie active : c’est le moment de faire le bilan. Le bilan de notre aventure. De nos accomplissements et de nos galères. De l’entrepreneuriat en sortie d’études. De notre conception du travail, pour nous qui mettons l’épanouissement au centre de nos décisions.

Nous nous sommes rendues compte que la vision que nous avions du travail pendant nos études était finalement assez éloignée de la réalité. Ce billet retrace l’aventure de Vocation et vous livre sans filtre notre vision actualisée de l’entrepreneuriat et du travail.

Le contexte

Après des stages en tant que bras-droit CEO dans une jeune startup puis en tant qu’analyste dans un fonds de Venture Capital, j’avais choisi le master Entrepreneurs parce que j’étais attirée par l’entrepreneuriat : j’étais certaine de vouloir créer une startup, lever des fonds, recruter une équipe. C’était vraiment ça pour moi monter une boîte.

J’avais en tête la grille de lecture du VC : la réussite d’un projet se mesurait aux fonds levés et à la croissance. Pendant le master, mon objectif était clair : lancer le projet en janvier, le développer jusqu'en mars, pouvoir se payer à l’été et lever des fonds à la rentrée. Simple et efficace. Ça ne s’est pas du tout passé comme ça, et en réalité, ça ne se passe quasiment jamais comme ça.

Le salariat, d’un autre côté, ne m’attirait vraiment pas. Chercher mon premier CDI me faisait peur. Peur de ne pas trouver un métier qui me plaise. Peur de faire un choix par défaut et vouloir changer quelques mois plus tard. Peur de ne plus être libre. Rigidité, lenteur et hiérarchie étaient pour moi les maîtres mots du salariat. Plus d’une centaine de rencontres et 60 épisodes du podcast plus tard, je peux vous dire avec certitude que je me trompais.

La genèse de Vocation

Janvier 2020 : Pré-covid, pré-création de société, pré-diplôme. Dans le master, septembre à décembre sont dédiés à “apprendre à entreprendre” en se confrontant à la création, la croissance et le redressement d’entreprises. Janvier signifiait qu’on allait se consacrer au développement de nos propres projets.

Avec Carla, dès la rentrée en septembre, on a eu un vrai coup de foudre tant amical que professionnel. On s’entendait vraiment bien, on avait la même ambition et les mêmes sujets de prédilection. Très rapidement, on a commencé à travailler ensemble. En février, nous avons intégré le Launchpad d’HEC, programme d’accélération de 3 mois pour poser les premières briques de notre projet.

Nous décidons de travailler sur un sujet qui nous passionne toutes les deux : Le Futur du Travail. Nous avons fait plus d’une centaine d’interviews de CEO, de RH et d’Office Managers sur leurs politiques RH et marque employeur, et surtout sur leurs pratiques de télétravail. C’était avant la crise, ce n’était pas une priorité pour eux - mauvais timing.

Pendant que l’on définissait notre projet pour les prochains mois, nous avions envie de lancer un projet qui avance, qui nous permette de rencontrer du monde et d’apprendre. Autour de nous, nos amis commençaient à chercher leur premier CDI. Forcément nous aussi on se demandait : qu’est ce que je vais bien faire en sortant d’école ? Quel métier ? Dans quelle entreprise ? Nos stages ne nous avaient pas donnés les réponses (si ce n’est la certitude de “je sais ce que je ne veux pas faire”) et finalement, on ne connaissait pas les possibilités qui s’offraient à nous. Product Manager ? Consultant en stratégie ? Chef de projet ? On ne comprenait pas la majorité des noms de postes.

Pour y répondre, Vocation est né. Sur un coup de tête. On voulait comprendre le quotidien, les missions, les perspectives d’évolution… bref, tout ce qui se cachait derrière ces intitulés de poste et en découvrir beaucoup d’autres. J’ai appelé François, mon ancien manager en Venture Capital, et c’était parti pour le premier épisode de Vocation sur le métier d’analyste en VC. C’était le 9 février 2020.

15 mars 2020 : annonce du premier confinement. Incertitude, angoisse, beaucoup de questions. Je pars en Normandie avec 7 amis. Nos autres projets perdent de leur sens. On prend du temps avec Carla pour réfléchir et on décide de se concentrer sur Vocation - ce side-project qui nous rendait heureuses chaque semaine. A la fin du premier confinement, on lançait la newsletter et le compte Instagram. Plus qu’un podcast, Vocation était devenu un média engagé d’orientation professionnelle pour la nouvelle génération.

Notre constat à la rencontre de notre génération

Le lancement du compte Instagram nous a permis d’aller à la rencontre de ces jeunes qui, comme nous, se posaient des questions sur la suite. En interrogeant notre audience, nous nous sommes rendues compte que notre ton n’était pas adapté et que traiter simplement des métiers, ne suffisait pas.

D’une part, nous avions un ton léger, presque humoristique, alors que notre audience recherchait un ton honnête et décomplexé. Construire sa carrière est source d’angoisse - il faut l’accepter. D’autre part, Vocation donnait de l’information sur les métiers et manquait de contenus inspirationnels pour ceux qui réfléchissaient à leurs choix professionnels, et/ou qui étaient plus en amont dans leur réflexion carrière.

En parallèle, nous devions écrire un mémoire pour obtenir notre diplôme du master. Le sujet était tout trouvé : Faire son entrée dans le monde professionnel en 2020.

La conjonction des deux nous a permis d’aller au delà de nos intuitions et de nous rendre compte des enjeux auxquels font face les jeunes aujourd’hui :

  • L’importance croissante de trouver du sens dans son travail ;

  • La peur de choisir une voie pour le reste de notre vie et la dramatisation du “premier CDI” ;

  • La pression financière (notamment quand on a un prêt étudiant) ;

  • La légitimité - ou le fameux syndrome de l’imposteur - pendant sa recherche et une fois en poste ;

  • Mener sa recherche : identifier ce que l’on recherche face à l’infini des possibles et savoir à quoi s’attendre ;

  • Les influences de nos environnements dans notre recherche ;

  • Trouver un job c’est difficile et ça prend du temps - surtout avec le COVID ;

  • et de nombreux autres sujets.

Je ne vais pas approfondir dans cette tribune - nous allons les reprendre un par un dans cette newsletter pour identifier les forces à l’oeuvre et pouvoir construire intelligemment le travail de demain. Abonnez-vous ici pour être sûr.e.s de les recevoir :

Vocation aujourd’hui

Après avoir (beaucoup) travaillé sur notre proposition de valeur et notre positionnement, nous savons ce qu’est Vocation :

Pour notre communauté, principalement composée d’étudiants et jeunes diplômés, Vocation est le média qui informe, inspire et célèbre la nouvelle génération. Comment ? On produisant du contenu pour leur donner toutes les cartes en main pour faire leurs choix professionnels. Par le podcast, la newsletter et notre compte Instagram, nous donnons aux jeunes l’information qui leur manque et les inspirons pour construire des carrières épanouissantes.

De la même façon que les jeunes doivent trouver leur voie, les entreprises doivent trouver leurs voix. La marque employeur devient un véritable levier pour attirer, recruter et retenir les jeunes talents. Après tout ce contenu créé et des centaines d’échanges avec notre communauté, nous savons quelles sont les attentes de la nouvelle génération, ce qu’elle recherche et exige de la part de l’entreprise qu’elle décide de rejoindre. Aujourd’hui, nous mettons cette expertise sur le contenu et la marque employeur au service de nos clients.

Pour en savoir plus et continuer cet échange, contactez-moi à jasmine@joinvocation.co.


L’aventure Vocation - juillet 2020 à mars 2021

Retraçons ensemble comment nous en sommes arrivées là - et l’envers du décor.

Été 2020

  • Officiellement : 30 Juillet 2020 : Création de la société - Vocation est officiellement né ! Avant de se lancer, on avait pris du temps pour se dire “combien de temps est-ce que l’on peut tenir sans argent ?” - c’est vraiment très important, surtout quand comme nous, à 23 ans, on a le droit ni au RSA, ni au chômage. Deadline pour se payer fixée à janvier 2021. Nous produisons beaucoup de podcasts “métiers” et nous nous faisons contacté par nos premiers clients. Sorties du giron étudiant, on candidate dans tous les incubateurs à Paris pertinents pour Vocation.

  • L’envers du décor : On prend un peu de vacances mais à l’époque, on n’arrive pas à décrocher, on prend nos vacances en décalé, et moins de deux semaines chacune. On cherche un incubateur pour être accompagnées et peut-être aussi, pour avoir un peu de reconnaissance, savoir que quelqu’un croit en nous. Beaucoup de refus, souvent par mail automatique, parfois parce que c’est trop tôt, parfois par que “ce n’est pas assez scalable”, parfois pour le sujet ou le modèle économique. Mais on ne se décourage pas !

Automne 2020

  • Officiellement : Petit à petit, on s’éloigne du format podcast métier pour créer du contenu plus inspirationnel. On explose les compteurs avec l’épisode avec Sarah de chez Partech. On signe nos premiers clients sur de la création de podcasts et on valide notre proposition de valeur en B2B. On s’entoure de mentors. Nos efforts ont payé, on rejoint notre premier incubateur, le Schoolab - on est fières et soulagées. On atteint les 5000 abonnés sur Instagram.

  • L’envers du décor : Lors de nos candidatures en incubateur, on disait toujours que le média était la porte d’entrée pour créer une plateforme, que c’était un outil d’acquisition pour un produit tech. Comme si créer un média en sortant d’un master orienté tech était une “honte”. On avait l’impression d’être les OVNIS de notre promotion.

Hiver 2020

  • Officiellement : L’hiver est vraiment intense : nous encaissons et déroulons nos premiers gros contrats, donnons plus de 45h de cours à HEC, et postulons à des concours, tout en définissant la stratégie pour les 6 mois à venir. On rejoint notre deuxième incubateur - c’est la rentrée chez Willa (ex-Paris Pionnières). On gagne le concours JobTeaser x Ulule. On lance une série de podcasts pour libérer la parole sur le sexisme et harcèlement en entreprise avec Balance Ton Stage.

  • L’envers du décor : Grâce à notre master, on connaissait de nombreux entrepreneurs qui venaient de se lancer. L’hiver 2020 a marqué la fin de nombreux projets de nos camarades : embrouilles d’associés, manque de visibilité, besoin d’argent… Evidemment, nous aussi, on se posait des questions.

A l’époque, on nous poussait à créer une tech et on se mettait beaucoup de pression pour penser au produit qui serait la suite logique du média. On a mené une cinquantaine d’interviews de membres de notre communauté pour savoir ce dont ils avaient besoin et imaginer la suite. On n’arrivait pas à avancer. Quelque chose clochait et on n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. On l’a très mal vécu et ça nous prenait toute notre énergie. En fait, le problème était simple : on ne se reconnaissait pas du tout dans le développement d’un tech. Ce qui nous plaisait, c’était l’existant, c’était le média et notre communauté : il était temps de l’assumer.

On avait fait du chiffre et on avait 2 incubateurs… mais est-ce que cela veut dire que l’on était sur la bonne voie ? qu’il fallait continuer ? Nos revenus n’étaient pas assez stables mensuellement pour que l’on puisse se payer, mais tous les signaux semblaient être au vert. La deadline que l’on s’était fixée est atteinte et nous décidons de faire le point en février 2021 : est-ce que l’on veut continuer Vocation ? Si oui, comment ? Est-ce que l’on veut toujours travailler ensemble ? Et si on plaquait tout, qu’est-ce qu’on ferait ?

Nous sommes arrivées aux conclusions suivantes :

  • Nous ne voulons pas chercher un CDI ;

  • Nous voulons travailler ensemble ;

  • Nous voulons continuer à travailler sur Vocation : on décide d’assumer que l’on aime le média et le conseil, et que l’on est pas là pour créer une licorne tech (j’y reviendrai) ;

  • Nous avons besoin de gagner de l’argent (le minimum pour vivre) : sans dénaturer le média et précipiter le développement, on décide de faire des missions de conseil ;

  • Nous nous rendons compte de tout ce que l’on a appris et que notre vision du travail a beaucoup changé ;

  • Nous sommes passionnées par l’hospitalité et la cuisine. On décide de lancer Spiced, dont la mission est d’aider chacun à cuisiner - parce qu’il n’y a pas que le travail dans la vie !

Printemps 2021

  • Officiellement : 9000 abonnés sur Instagram, 1500 sur la newsletter. On décide de relancer le format podcast métiers : grâce à Philippine, on lance la série [JOBS] de Vocation. On étoffe notre proposition commerciale, on signe de nouveaux clients et tissons différents partenariats. On se rend compte qu’on a beaucoup parlé de salariat dans le podcast, alors qu’il existe pleins d’autres formes de travail : on collabore avec Shine pour lancer une série d’épisodes sur la voie d’indépendant.

  • L’envers du décor : Nous sommes beaucoup plus sereines et confiantes - on a hâte de la suite. Finalement, gagner le minimum d’argent pour payer son loyer et ses dépenses courantes nous soulage.

C’est très important pour nous de rappeler que, si on a créé Vocation, c’était aussi en partie parce que nous aussi on avait du mal à trouver notre voie. Nous aussi on doute souvent. Pour avancer, on essaie de s’appliquer les conseils qu’on livre à notre communauté depuis des mois : suivre ses intuitions, se donner les moyens de faire ce que dont on a envie, et assumer ses choix.


Ce que nous aurions aimé savoir avant de nous lancer

Ces quelques points sont destinés à tous les aspirants entrepreneurs. N’hésitez pas à m’envoyer vos conseils en réponse de ce mail pour que je puisse les intégrer.

  • Quand créer la société ? On dit souvent que c’est avec les premiers clients - et c’est vrai qu’avoir une structure officielle aide à la négociation - mais ce n’est pas si simple que ça, créer une société c’est engageant ;

  • Ce que ça veut dire se payer : juste comprendre que pour se verser 1000€, il faut que la boîte gagne plus de 2000€ et ça, tous les mois ;

  • Ça prend du temps, il faut penser long-terme et bien fixer ses objectifs (notamment de salaire) ;

  • Suis tes intuitions : monte un projet qui te donne envie de te lever le matin, que tu ferais même gratuitement et n’écoute pas (pas toujours en tout cas) les autres ;

  • Communique avec tes proches - surtout tes parents si ce sont eux qui te soutiennent au début de l’aventure ;

  • Trouve des mentors - pas pour ton business, pour toi !

  • Profite de ta vie étudiante pour entreprendre mais aussi pour vivre ;

  • Prends des vacances - pour te reposer, profiter de la vie et prendre du recul.


Le coup de gueule

Ces commentaires n’engagent que nous. Ils sont la synthèse de ce que nous avons vu pendant nos études et notre première année en tant qu’entrepreneures. Evidemment, ils ne sont pas applicables à toutes les entreprises - au contraire.

#1 : Contre l’école de commerce : Les débouchés mis en avant et la voie royale

A HEC, j’avais l’impression que les débouchés étaient simples ; que j’allais très bien gagner ma vie et que j’allais trouver du travail dans les 3 mois après mon diplôme.

Vocation m’a ouvert les yeux : rien n’est aussi simple. On peut s’éclater en finance et détester monter sa boîte. Il y a une infinité de métiers, d’entreprises et de formats de travail - avant, je ne les connaissais pas ou je ne savais pas (et ne voulais pas savoir) ce qu’ils représentaient. Souvent, cette ignorance menait à de nombreux clichés - sur la finance par exemple. En école, par principe, je dénigrais les carrières plus traditionnelles et rêvais d’entrepreneuriat. Aujourd’hui, j’ai changé d’avis.

La voie royale n’existe pas : certes, certains postes “ouvrent des portes”, mais ce n’est valable qu’à court terme et si on reste sur la même voie toute sa vie - ce qui est très peu probable. Pour alimenter votre réflexion sur le sujet, je vous conseille l’excellent billet Repenser les diplômes de mon ami Samuel Durand sur le sujet.

Ecoles - si vous me lisez - diversifiez les profils mis en avant et racontez-nous les histoires de jeunes et de moins jeunes, de tous les horizons, pour qu’on se projette plus facilement dans la vie active ! Si vous souhaitez en discuter, écrivez-moi à jasmine@joinvocation.co

#2 : Contre l’écosystème startup

Les roles models

Quand on a décidé de faire le point sur Vocation en début d’année avec Carla, on s’est posées les questions suivantes : pourquoi est-ce qu’on entreprend ? quelle entreprise est-ce qu’on a envie de créer ? S’ensuivent évidemment les questions : qui sont nos role-models et qui est-ce qu’on aspire à être ?

On a eu beaucoup de mal à répondre. Les noms qui nous venaient à l’esprit étaient quasi systématiquement des femmes, américains, et pas des entrepreneurs. Nos role-models sont celles et ceux qui vivent de leur passion, qui font pleins de choses différentes et assument qui ils sont. On a regardé qui sont les entrepreneurs à succès aujourd’hui en France, ceux que l’on voit dans les journaux et sur les réseaux sociaux. Ce sont principalement des hommes, blancs, de milieux privilégiés, qui ont créé des “licornes”, ou du moins des sociétés en hyper-croissance qui enchaînent les levées de fonds.

On ne se reconnaissait pas du tout. Pourtant, il en manque pas des role models inspirants. Notre podcast leur donne la parole (Sarah, Claire, Sevak, Penelope… et tous les autres, merci pour vos témoignages !) et on en rencontre tous les jours !

La vision de la réussite et de l’entrepreneuriat

Monter sa boîte, surtout quand on est jeune, on a l’impression que c’est tout ou rien. C’est sacrifier sa vie personnelle pour se consacrer corps et âme à son projet. Les entrepreneurs ont tendance à raconter seulement leurs réussites et accomplissements : on entend très peu parler des burnouts, des coup durs… et de toutes les boîtes qui sont mortes. Un paradoxe quand on sait que seules 2% des boîtes créées fêtent leurs trois ans et quand on connaît la vertu de l’échec.

Je suis biaisée, par mes expériences passées, mais j’avais l’impression que la réussite d’une boîte se mesurait au CA, au nombre de salariés, à la croissance et aux fonds levés. Pourtant, après avoir rencontré plus d’une centaine d’entrepreneurs, je me suis rendue compte qu’entreprendre ne voulait pas dire monter une startup dont le but est l’hyper-croissance et l’innovation.

Entreprendre c’est lancer et gérer un projet - tout simplement. L’entrepreneur peut être salarié ou freelance. Il peut être à l’origine d’une startup, d’une PME, d’une agence. Il peut être créateur et vivre de sa passion (Youtuber, formateur, podcasteur…). L’entrepreneur porte souvent pleins de casquettes différentes, jongle dans ses compétences et apprends, tout le temps.

Allez au-delà des médias, et découvrez les profils plus atypiques de ces entrepreneurs inspirants ! Par exemple, j’ai découvert la notion de “slasher” créée par l’américaine Marci Alboher dans One Person/Multiple Careers : les slashers ce sont ceux qui cumulent les intitulés de postes. Seth Godin dit même en y faisant référence : “Mon grand-père a fait le même travail toute sa vie, mon père a eu sept emplois différents tout au long de sa carrière, et moi, j’ai sept emplois en même temps.” C’est peut-être trop extrême mais ce qui est sûr est qu’il faut savoir s’écouter !

La diversité et l’inclusion

En stage et en école, quelque chose m’a frappé : la diversité dans l’écosystème startup, on n’y est pas du tout.

Les startups font rêver. Pourtant, derrière l’image qu’elles renvoient se cache souvent une toute autre réalité. Comme le montre Noémie Kempf dans sa newsletter :

“Par ailleurs, dans la Startup Nation, on a beau dire ce qu’on veut, il me semble indéniable qu’il y a aussi un vaste conformisme social : style vestimentaire, rapport à la culture (livres, films culte), idéologie, parcours scolaires et expériences professionnelles, loisirs (bonjour le kite, les weekends au vert, les tours du monde)… Je caricature bien sûr (et je ne déroge pas à la règle sur un paquet de ces clichés), mais la vérité est là : sous couvert de défendre l’inclusivité, le bien commun et la diversité, les startups véhiculent elles aussi un ensemble de ‘normes’, que nous sommes toujours plus à adopter. Derrière la cool culture de la startup nation, se cache parfois une réalité brutale : discrimination, surcharge de travail, violences verbales, comme en témoigne le compte Balance Ta Startup. ” - Noémie Kempf

Cette vision peut paraître réductrice et il faudrait un autre billet pour aller dans les détails mais c’est la vérité - écrivez-moi, et on continue le débat.

Entrepreneurs, prenez la parole, racontez vos histoires, engagez-vous ! Ma vision de l’écosystème est constamment remise en cause par les rencontres que je fais et le récit d’entrepreneurs qui osent et font bouger les choses.


Conclusions

Merci d’avoir lu jusqu’ici - c’est presque fini !

Ce que nous avons découvert sur le futur du travail

  • Les carrières ne sont plus linéaires ;

  • De nouvelles voies existent et prennent de l’ampleur en dehors du CDI : entrepreneur, créateur, freelance, slasher

  • Une nouvelle géographie du travail se définit ;

  • Les projets sont les nouveaux CV ;

  • Il faut se former en continu (paradoxal quand on a fait 7 ans d’études pour arriver à la vie professionnelle) ;

  • On peut vivre de sa passion (l’avènement de la “passion economy”) ;

  • etc.

Exposer plus en détail ces constats et tendances n’est pas le but de ce billet - pour en savoir plus, rendez-vous dans les prochaines éditions de cette newsletter.

Nos valeurs aujourd’hui et nos envies pour la suite

On a décidé d’écrire ce pour quoi on se lève chaque matin. C’est pour ça qu’aujourd’hui, je dis :

Non, on ne veut pas absolument lever des fonds. Non, on ne cherche pas l’hyper-croissance. Non, on ne fait pas que travailler. Non, parfois ça ne va pas. Oui, nous avons de l’ambition. Oui, nous sommes fières. Mais plutôt que de se conformer à tout ce qu’on nous martèle depuis des années, plutôt que d’essayer, comme on l’a fait pendant notre vie académique, de rentrer dans des cases dans lesquelles on se sent pas à l’aise, on a décidé de faire les choses à notre façon. En mettant de l’intention dans tout ce qu’on fait. En cherchant à grandir de façon plus saine. En se concentrant sur les choses qu’on aime faire et qu’on fait bien.

Finalement, nous n’avons pas tant changé : notre préoccupation principale est toujours de s’épanouir dans notre travail - avec Vocation, nos client et nos autres projets. A nous maintenant de construire des bases solides pour vivre de nos passions.

Merci d’avoir lu ce billet dans son intégralité !

N’hésitez pas à m’écrire sur Linkedin, par mail ou simplement commenter pour continuer la discussion, partager vos retours ou collaborer !

Jasmine